OpenReserve et Revolut obtiennent l'agrément bancaire crypto

Deux fintech majeures franchissent une étape décisive : l'OCC approuve OpenReserve et Revolut pour créer des banques de dépôt intégrant les cryptomonnaies, marquant une normalisation institutionnelle de la crypto aux États-Unis.

Logo OpenReserve et Revolut avec fond représentant les services bancaires et crypto intégrés

OpenReserve et Revolut obtiennent le feu vert réglementaire pour créer des banques nationales crypto aux États-Unis

Deux fintech de premier plan viennent de franchir l'une des étapes réglementaires les plus exigeantes du secteur financier américain : l'obtention d'un agrément bancaire national auprès de l'Office of the Comptroller of the Currency (OCC). OpenReserve, soutenue par le fonds de capital-risque a16z, et Revolut, géant européen des services financiers numériques, ont toutes deux reçu une approbation préliminaire leur ouvrant la voie à la création de banques de dépôt intégrant des services en cryptomonnaies. Cette double annonce, survenue le 4 septembre 2026, marque un tournant dans la normalisation institutionnelle de la crypto aux États-Unis.

Ce qui s'est passé

Selon les informations publiées par Cointelegraph et Decrypt le 4 septembre 2026, l'OCC a accordé à OpenReserve et à Revolut des approbations préliminaires pour l'obtention d'une charte bancaire nationale — un statut connu sous l'appellation de national bank charter. Ce type d'agrément, délivré par le régulateur fédéral américain en charge de la supervision des banques nationales, permet à une institution d'accepter des dépôts, d'accorder des prêts et d'offrir une gamme complète de services financiers à l'échelle de l'ensemble des États-Unis, sans avoir à obtenir une licence État par État.

Dans le cas d'OpenReserve, Decrypt précise que l'approbation obtenue est celle d'une banque nationale à service complet (full-service national bank), ce qui va au-delà d'une simple autorisation limitée. La startup, qui bénéficie du soutien financier d'Andreessen Horowitz (a16z), entend intégrer des fonctionnalités crypto natives à ses services bancaires traditionnels.

Revolut, de son côté, avait déjà obtenu une licence bancaire en Europe et opère dans de nombreux pays. L'agrément américain de l'OCC représente pour elle une percée stratégique majeure sur le marché américain, qu'elle cherchait à pénétrer depuis plusieurs années. Les deux entités affichent clairement des plans incluant des services en cryptomonnaies dans leur offre bancaire.

Contexte réglementaire

L'obtention d'une charte bancaire nationale avec intégration crypto n'est pas anodine. Historiquement, l'OCC avait commencé à explorer la possibilité d'accorder des chartes limitées aux entreprises fintech sous l'administration Trump (premier mandat), mais ces tentatives s'étaient heurtées à des obstacles juridiques et politiques considérables. La position du régulateur s'est progressivement assouplie, notamment depuis les évolutions de la politique fédérale à l'égard des actifs numériques.

L'approbation accordée à OpenReserve et Revolut s'inscrit dans un contexte américain où plusieurs grandes institutions financières et plateformes crypto cherchent à obtenir des statuts réglementaires plus robustes. Disposer d'une charte nationale confère un avantage compétitif significatif : accès au système de compensation interbancaire, éligibilité à l'assurance fédérale des dépôts (FDIC) sous conditions, et crédibilité renforcée auprès des consommateurs et des partenaires institutionnels.

Il convient de noter que les approbations annoncées sont à ce stade préliminaires pour Revolut, ce qui signifie que des conditions supplémentaires — en matière de capitalisation, de gouvernance et de conformité — devront être remplies avant l'entrée en activité effective. OpenReserve semble avoir franchi une étape plus avancée selon Decrypt, avec une approbation qualifiée de complète.

Données de marché

L'annonce intervient dans une journée de repli général des marchés crypto. Au moment de la publication, le bitcoin s'échange autour de 79 763 $ (-1,92 % sur 24 heures), l'ether autour de 2 455 $ (-2,25 %), et solana à 101,80 $ (-3,33 %). XRP recule de 4,32 % à 1,40 $, tandis que BNB limite la casse à -0,24 % autour de 720 $. Les stablecoins USDT et USDC restent stables à leur parité habituelle.

Du côté de la finance décentralisée, la TVL (valeur totale verrouillée) sur Ethereum demeure dominante à 49,04 milliards de dollars, selon DefiLlama, devant Solana (5,81 Md$), BSC et Base (5,61 Md$ chacune) et Tron (5,39 Md$). Cette répartition illustre la coexistence, voire la complémentarité potentielle, entre une finance décentralisée robuste et l'émergence de structures bancaires régulées intégrant la crypto.

Ces données sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas un conseil en investissement.

Conséquences possibles

Si ces agréments se concrétisent pleinement, les implications pour le secteur sont multiples :

  • Légitimation institutionnelle : Des banques nationales agréées proposant des services crypto envoient un signal fort aux investisseurs institutionnels hésitants et aux consommateurs soucieux de la sécurité de leurs actifs.
  • Pression concurrentielle : Les banques traditionnelles et les plateformes d'échange crypto existantes devront s'adapter face à des acteurs capables de combiner dépôts assurés, paiements et exposition aux actifs numériques sous un même toit réglementé.
  • Accélération des demandes similaires : D'autres fintech et acteurs crypto pourraient être encouragés à déposer des demandes auprès de l'OCC, sachant que le précédent est désormais établi.
  • Enjeux de conformité : L'intégration de la crypto dans un cadre bancaire fédéral implique des obligations strictes en matière de lutte contre le blanchiment (AML) et de connaissance du client (KYC), ce qui pourrait transformer les pratiques du secteur.

Points à surveiller

  • La levée des conditions préliminaires imposées à Revolut par l'OCC et le calendrier d'activation de sa charte.
  • Les détails opérationnels des services crypto qu'OpenReserve entend proposer dans le cadre de sa banque nationale à service complet.
  • L'éventuelle réaction du Congrès ou d'autres régulateurs fédéraux (Fed, FDIC, CFPB) face à cette évolution.
  • La capacité de ces deux entités à satisfaire aux exigences de capitalisation propres aux banques nationales américaines.
  • L'impact sur les négociations en cours d'autres acteurs du secteur cherchant un statut bancaire aux États-Unis.

Sources


Cet article est fourni à titre d'information et ne constitue pas un conseil en investissement. Les crypto-actifs sont volatils ; faites vos propres recherches.

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