Les assureurs misent sur l’IA mais peinent à former leurs équipes
Accenture révèle : les assureurs misent massivement sur l'IA malgré un manque de compétences
Les assureurs renforcent leurs investissements en IA malgré un déficit de compétences
Une étude récente menée par Accenture révèle que la majorité des dirigeants du secteur de l’assurance prévoient d'augmenter leurs investissements dans l'intelligence artificielle (IA) d’ici 2026, malgré un manque croissant de compétences en interne.
Basé sur une enquête « Pulse of Change » auprès de 3 650 dirigeants dans 20 secteurs et 20 pays, le rapport indique que 90 % des 218 cadres du secteur de l’assurance interrogés comptent investir davantage dans l’IA au cours de l'année à venir. Pour 85 % d'entre eux, l’IA est perçue comme un levier de croissance des revenus plutôt qu’un simple outil de réduction des coûts.
Toutefois, 35 % des dirigeants estiment que la véritable avancée repose sur des enjeux clés : la qualité des données et les capacités numériques. En effet, 54 % des employés déclarent que des résultats d'IA peu fiables nuisent à la productivité.
Une adoption de l’IA à grande échelle
L’étude montre un tournant : l’utilisation de l’IA passe de l’expérimentation à une adoption à grande échelle. Aujourd’hui, 34 % des compagnies d’assurance déploient déjà des agents IA dans plusieurs départements.
Près d'un tiers des hauts dirigeants utilisent régulièrement l'IA générative, démontrant une intégration croissante dans les prises de décisions stratégiques. Plus qu’un simple outil, l’IA devient une composante centrale des opérations.
Bien que les processus soient repensés autour de l’IA, moins de 10 % des entreprises adaptent les rôles des employés en conséquence. Résultat : seul 40 % des salariés estiment que leur formation les prépare aux nouveaux défis liés à l’IA, et à peine 20 % disent avoir leur mot à dire sur l’impact de l’IA sur leur travail.
Le taux d’adoption de l’IA par les employés est en recul : 10 points de moins qu'en été 2025. Seuls 39 % testent des outils IA de façon autonome, soit une baisse de 15 points. Pour combler ce retard, les entreprises doivent repenser les rôles, aligner les objectifs et offrir des programmes de formation plus efficaces.
Investissements en IA : optimisme croissant malgré les craintes de bulle
Malgré les discussions autour d’une bulle technologique potentielle, les dirigeants de l’assurance restent confiants : 47 % déclarent qu'ils augmenteraient leurs investissements en IA même en cas d’éclatement, et 37 % renforceraient les recrutements.
- 6 % réduiraient leurs investissements de 20 % ou plus
- 22 % les diminueraient légèrement (jusqu'à 20 %)
- 24 % ne changeraient rien
- 40 % augmenteraient légèrement leurs investissements
- 7 % les augmenteraient de plus de 20 %
Pour Khalid Lahraoui, responsable du secteur assurance chez Accenture, « il est clair que les dirigeants voient en l’IA un vecteur de croissance et continuent d’investir, malgré les incertitudes sur le retour sur investissement ».
Le manque de compétences freine la pleine valeur de l’IA
Malgré des investissements massifs, les défis sont nombreux. Un quart des dirigeants identifient la pénurie de talents comme un frein majeur à la création de valeur via l’IA. Pourtant, seulement 24 % des entreprises ont mis en place des programmes de formation continue, et à peine 5 % ont repensé les postes pour favoriser l’adoption de l’IA.
Une déconnexion entre dirigeants et employés
L’écart entre les visions de la direction et les ressentis des employés est marqué. Alors que les dirigeants considèrent les talents comme catalyseurs pour l’IA, les salariés se montrent préoccupés : 23 % des décideurs estiment qu’un meilleur accès aux talents spécialisés accélérerait leurs projets IA, mais seulement 30 % des employés se disent confiants dans la capacité de leur entreprise à faire face aux disruptions liées aux talents.
La sécurité de l’emploi est aussi un enjeu : 48 % se sentent en sécurité dans leur poste, contre 59 % à l’été 2025. De plus, 59 % pensent que l’IA rend plus difficile l’insertion professionnelle des jeunes diplômés.
L’investissement technologique reste une priorité
Deux tiers des dirigeants placent les technologies numériques et l’IA en tête de leurs priorités stratégiques. Si 67 % d'entre eux se sentent préparés à une perturbation technologique, ils ne sont que 39 % en cas de crise environnementale, et 44 % en cas de bouleversement géopolitique.
Chez les employés, la confiance est encore plus faible : seuls 29 % se disent prêts à affronter des crises économiques, contre 43 % des dirigeants.
Malgré cela, l’optimisme demeure fort chez les cadres de l’assurance : 78 % prévoient une croissance rapide en 2026 et 82 % envisagent d’augmenter leurs effectifs. L’étude conclut que le véritable défi ne réside plus dans la technologie, mais dans l’implication et la préparation des collaborateurs.
Conclusion : réussir le virage de l’IA passera par une meilleure synergie entre technologies et ressources humaines. Comme le souligne le rapport d’Accenture : « 2026 favorisera ceux qui aligneront confiance dans leur stratégie technologique et engagement envers leurs talents ».
@ReservoirLive
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